Les règles de comptabilisation du carbone pour l'énergie de la biomasse sont-elles adaptées ?

13 oct. 2021

Rapport sur la comptabilisation du carbone dans la biomasse
écrit par le Dr Richard Tipper, président exécutif d'Ecometrica.

Un regard accessible mais détaillé sur les cadres de comptabilisation du carbone de la biomasse et leurs applications au Royaume-Uni et en Europe, recommandé pour ceux qui s'intéressent à l'utilisation durable de la bioénergie.

L'utilisation de la biomasse à des fins énergétiques est une composante importante de la gestion forestière. C'est le cas depuis toujours et il est probable que cela fasse partie de la gestion durable des forêts à l'avenir.

La bioénergie durable est l'une des alternatives aux combustibles fossiles dans le cadre du passage à une économie sans carbone. Correctement gérée, la biomasse peut faire partie d'un bouquet énergétique durable à faible teneur en carbone et de paysages forestiers sains.

Toutefois, le développement de systèmes bioénergétiques à grande échelle a souvent été remis en question en termes de bénéfices et d'externalités liés au carbone.

Ce rapport offre une revue complète des méthodes de comptabilisation du carbone actuellement utilisées pour la bioénergie. Il s'appuie sur l'expérience d'Ecometrica pour explorer l'évolution des meilleures pratiques en matière d'évaluation des émissions et des impacts liés à la production et à la consommation de bioénergie à base de bois et - en particulier - de biomasse forestière, plutôt que de matières issues de l'agriculture, de déchets ou de taillis à courte rotation.

Les règles internationales de comptabilisation du carbone, selon lesquelles les absorptions et les émissions de carbone sont comptabilisées dans le secteur terrestre, sont bien établies et peuvent être efficaces. Ces règles de comptabilisation constituent une base stable et internationalement reconnue pour la comptabilisation du carbone de la biomasse afin de garantir qu'elle présente des avantages pour le climat.

Ce rapport vise à améliorer la compréhension des cadres de comptabilisation du carbone et des critères de durabilité appliqués à la biomasse utilisée à des fins énergétiques au Royaume-Uni et en Europe et à identifier les domaines à améliorer. 

Le rapport conclut que la meilleure façon d'aller de l'avant serait de s'appuyer sur les méthodes existantes approuvées par les Nations unies et le GIEC pour les forêts et les produits récoltés afin de s'assurer que la bioénergie apporte des avantages en matière de carbone, plutôt que de réinventer des cadres comptables différenciés pour la biomasse forestière.

Voici quelques recommandations :

  • Surveillance des marchés des produits du bois pour s'assurer que l'utilisation de la bioénergie complète la production de produits à longue durée de vie et n'entraîne pas le détournement de matériaux ;
  • Développement d'une meilleure compréhension des impacts potentiels sur le carbone des changements de politiques en matière de bioénergie ; 
  • Travail du secteur de la bioénergie avec un large éventail de parties prenantes pour développer une compréhension commune du rôle que la bioénergie joue dans la gestion des forêts et la protection des écosystèmes, et pas seulement dans la décarbonisation du secteur de l'énergie ;
  • Renforcer les politiques et les normes qui encouragent la gestion du carbone forestier en mettant l'accent sur la conservation du carbone du sol ;

Élaboration de politiques globales dans l'ensemble des secteurs de la foresterie et des produits forestiers afin de soutenir le développement de l'industrie forestière.rt une gestion optimisée du carbone, tout en veillant à ce que les multiples avantages non liés au carbone des forêts, notamment la biodiversité et les communautés locales, ne soient pas compromis.

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