Le problème de l'analyse des entrées-sorties pour la comptabilisation des GES et du capital naturel

20 novembre 2013

Dr Richard TipperOn me demande parfois "pourquoi se donner la peine de calculer les émissions ou d'autres incidences sur l'environnement à l'aide de données commerciales réelles, alors qu'il est possible de rechercher diverses incidences sur l'environnement dans les tableaux d'entrées-sorties économiques". Eh bien...

Vous avez entendu l'histoire du directeur général qui a demandé à un analyste principal : "Quelle part de nos dépenses salariales totales va directement aux femmes et aux minorités ethniques ?".

La demande était considérée comme urgente et lorsque l'analyste s'est vu opposer une fin de non-recevoir par les RH pour des raisons de protection des données, il a eu une idée lumineuse. En consultant les statistiques gouvernementales sur Google, il a découvert une mine d'informations et a pu rapidement trouver une ventilation des salaires moyens perçus par les différentes catégories sociales dans le secteur concerné. Après quelques calculs et une présentation Powerpoint, un rapport contenant les chiffres demandés par le PDG a vu le jour. Aucune question n'a été posée sur les sources de données ou les hypothèses et l'entreprise a commencé à intégrer ces statistiques dans sa stratégie et ses plans d'action en matière de RSE. Ce n'est que trois ans plus tard (entre-temps, le PDG était devenu président et l'analyste avait accédé à un poste plus lucratif chez un concurrent) que l'on s'est demandé pourquoi les mesures positives adoptées par l'entreprise avaient un impact si limité sur le résultat net. Un stagiaire non rémunéré a découvert la cause et a été dûment mis sur la sellette par le nouveau PDG.

Cette vignette fictive mais plausible illustre le problème de l'utilisation des statistiques industrielles pour estimer les émissions à l'aide de méthodes "entrées-sorties".

Les principaux problèmes sont les suivants :

  • Les tableaux d'entrées-sorties donnent une répartition moyenne des émissions nationales par secteur économique par unité de chiffre d'affaires ou d'employé. Cependant, il est peu probable que votre entreprise corresponde exactement au profil sectoriel médian ou moyen.
  • les processus de collecte de données au niveau national sont rudimentaires et grossiers par rapport à vos systèmes internes, et ne correspondent pas correctement aux normes comptables appliquées aux entreprises pour les émissions et autres impacts.
  • Les ensembles de données agrégées au niveau sectoriel ne permettront pas de saisir les améliorations que vous apportez à l'entreprise, à votre chaîne d'approvisionnement ou aux circonstances spécifiques de vos opérations.

Ainsi, si l'analyse des entrées-sorties peut donner une image générale de l'ordre de grandeur des impacts potentiels, elle ne constitue pas une approche appropriée pour le suivi et le compte rendu des impacts.

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